« Si j'avais l'portefeuille de Manu Chao ».
(désole pour le fond et la forme je relirai tout ca plus tard)
Alors voilà.
Tout commence vendredi dernier. Je me demandais ce que j'allais bien foutre du ouik-end. Je matte sur le net pour voir si par hasard je trouve pas un concert sympatoche et la... Je lis :
"MANU CHAO EN CARACAS GRATIS."
Comme c'est super dur l'espagnol je vous fait grâce de la traduction.
Franchement moi je kiffe Manu Chao. Musicalement ca me parle beaucoup et c'est vraiment une source d'inspiration importante vous l'aurez compris pour Guarapita. Je l'avais deja vu en concert a Evian en 2000-je sais plus combien- au sommet du G8. C'était une version sans cuivre avec Fermin Muguruza pour une formation vraiment skaèpunk-rock-dub surpuissante. Je me rappelle des balances ou on pouvait entendre du Symarip (skinhead moonstomp) (Certains du public n'aimaient pas trop notre look d'ailleurs).
Brest.
Ce soir la on avait pris notre claque avec Thomas (Guarapita).
Donc je me suis dit Manu Chao a Caracas ca ne se manque pas.
«Tómbola Tour » : México, Cuba, Chile, Bolivia, Argentina y Colombia
Julien, un copain, m'appelle pour me dire qu'il y va aussi et que même si c'est gratuit il y a un nombre de places limité et accessoirement ca se passe pas au centre de Caracas mais vers Coche, au Poliedro, une sorte de mega salle de concert.
Alors Coche, c'est pourri.

Ca ressemble un peu à ça.
Voilà c'est dit.
Ca se trouve a l'extrémité sud de Caracas. Pour vous donner une idée, imaginez Nanterre ou Sarcelles mais avec des bidonvilles autour.
Bref. Julien m'apprend que finalement il va pas pouvoir venir donc je dois me démmerder pour y aller.
J'essaie de trouver une place pour le concert dans le centre ville mais rien n'y fait. En plus de ca le métro est bondé de chez bondé, genre Paris aux heures de pointe... les jours de greve. Bon là c'est plus sympa. (j't'expliquerai).
Finalement je me retrouve à la terrasse d'un bar a picoler. Je pense lâcher l'affaire. Et puis j'arrive a me motiver, je me leve je prends mon sac ... etc je me rends compte qu'il est trempé.
bizarre.
Je l'ouvre et je découvre que ma bouteille de flotte s'est ouverte. Le sac est rempli de flotte (je dis ça car ça aurait pu être ma bouteille de rhum, c'est important pour la suite). Mais en tout cas il est bien hermétique!
Je me rends compte que mon appareil photo est en train de flotter carrément....
La loose.
Finalement je prends le métro jusqu'à el Valle. J'ai jamais foutu les pieds la bas en plus.
il commence a faire nuit, c'est niquel.
Résumons :
* J'ai pas de place,
* Je ne sais pas où c'est,
* Je ne sais donc pas comment y aller,
* Il fait nuit,
* Le bled est bien pourri,
* Je suis le seul blanc.
Sinon ca va, j'ai un appareil photo trempé dans le sac.
Mais même pas peur : je continue. Je me rends compte qu'il y a pas mal de keupons qui attendent. Je vais discuter avec quelques uns.
Finalement ils me disent de partir avec eux. je me retrouve donc dans une camioneta remplie de keupons et de neuskis dans un barrio perrave.
Franchement c'est pas commun quand même!
Je me rends compte qu'en fait le concert draine tout ce que la ville compte comme sous cultures alternatives (keupons, neuski, babas, rastas etc...)
Mais tout ça, bronzés et avec des strings qui dépassent du treillis.
J'arrive enfin a la salle du concert, mes « potes » ont tous un billet et pas moi.
Bon faut que je rentre. Je me dirige alors vers l'entrée et la j'appercois un redskin!
C'est un mec du Rash Venezuela et il fait l'entrée. C'est pas en france qu'on verrait ça je crois.
Je discute un peu : il me parle de la Brigada, Skarface (!!) et je lui demande de me faire rentrer.
-:o)
...bon je retourne dans la queue avec ceux qui n'ont pas de billet en espérant pouvoir rentrer tout de même. J'entame la discussion avec de charmantes jeunes filles et la je recroise mes potes du bus!
« EH! EL FRANCES TENGO UNA ENTRADA PARA TI! »
Trop cool! Je suis obligé de laisser mes voisines et me dirige vers l'entrée. On discute pour faire connaissance je leur raconte ce que je fais a Caracas, leur parle de Guarapita et on attaque le rhum. Une fois la bouteille vide, ils me disent que c'est quand on veut qu'ils nous organisent des concerts ici.
-;o)
On se pointe devant l'entrée et là, mouvement de foule, la sécu est larguée et tout le monde rentre en force.
La dernière fois que j'ai vu ce type ambiance c'était a RENNES avec Bérurier Noir.
Bref on rentre enfin on se met dans la fosse pas trop loin de la scène, la salle n'est pas trop démesurée je suis assez content.
Les bières ne sont pas trop cher et Danny me propose de m'heberger après le concert. C'est cool car je ne voyais pas comment rentrer.
Le public est super mélange avec une belle influence keuponne quand même.
Le premier groupe est un groupe de HIP HOP du 23 de enero. Plutot bien foutu et avec des paroles plus proches de la révolution bolivarienne que de 50cents...
Le groupe d'apres est un groupe de Salsa. Bon je précise pour les ignares mais la Salsa est une musique très populaire dans tous les sens du termes. On la danse partout y surtout dans les barrios. Et ici même les keupons savent la danser. Tout le monde se met a danser et je rijole doucement en voyant que le mec aux maracas porte un Lonsdale.
5 bières plus tard le concert de Radio Bemba demarre.
La salle est blindee et tout le monde est bien chaud.

On se prend 1h de ska punk a fond dans la gueule, le tout enchainé. Il fait 10000 degrés dans la salle mais vraiment ca déchire tout.
Le groupe revient pour un rappel...
...qui durera bien 1h30.
Tous les tubes y passent. Le public est en trance. La mano a vraiment marque les esprits ici.
Manu chao est bien en forme et sait dire les choses qui font plaisir au public.
« VENEZUELA SE LEVANTO »

A chaque fois, on pense que c'est la fin du concert et ça repart. Je suis vraiment bluffé. Des enchainement dub-reggae/punk a donf a te dégoutter de faire de la musique.
Magyd assure son petit spectacle et se la donne bien, Gambeat a la basse est un rock. Rien de superflu que de efficace, parfaitement synchrone avec le batteur toujours a donf. Enorme.
« Cette chanson est dediée au plus grand terrosiste du monde » paraphrasant ainsi Chavez... attention calembour inside : Manu est bien Chaud (ou Show, ou Chao même).
On prend vraiment une lecon même si le son dans la salle est globalement a chier...hein! N'ayons pas peur des mots...
Le dernier rappel est « mi vida » version punk techno enormissime. Je dois être le seul a connaître cette version et c'est vraiment une de mes préférées. Je l'avais entendu a Evian et j'ai une excellente mémoire musicale. C'est pas super utile mais pour gagner au blind test c'est pratique.
Le dernier morceau est sidi'h'bibi avec le percu (de la mano me semble t il) au chant. Bonne fin, même si le public commençeait a être bien claqué.
bref je repars en sueur et heureux.
Ils décident de remettre ça le lendemain.
Moi je dis Ok!
Je retrouve mes potes et on se dirige péniblement vers la sortie.
A cette heure là, plus de bus.
Les taxis prennent 5 fois plus que d'ordinaire.
On decide de marcher un peu. un bus arrive il a triplé ses prix. Il se prend des coups de savate « LADRON!!! » (voleur).
Je me rends compte qu'en fait ils sont motives pour marcher jusqu'à El VALLE. Allez! même pas peur!
Finalement on croise un bus. On fait 300 mètres et il tombe en rade sur un pont de l'autoroute.
Parfait.
Il est 2h du mat et je marche le long de l'autoroute entre le fort de l'armée, les cites et les bidonvilles de l'autre.
Au bout d'une demi heure de marche on se décide a passer par la « ville » et on traverse l'autoroute. Tranquile.
C'est que du bonheur de marcher le long du bidonville en zigzagant entre les tours.
Une voiture arrive a toute a l allure, pile et des des mecs sortent en braquent des gars au coin d'une rue... panique, ça gueule, ça court ...mais en fait c'était une blague.
AHAH.
Après avoir attendu 20 minutes sur le trottoir on trouve un taxi qui accepte d'aller ou habite Dannyi... dans un barrio pas très loin du 23 de enero a la station Agua salud (voir billet http://chuao.blogspot.com/2006/02/14-fevrier-mes-couilles.html).
Je dors sur un matelas par terre et je finis par endormir comme une merde.
Je mettrai 2 jours à m'en remettre.